Ma vie en tant qu'Aspie http://presciaspie.journalintime.com/ Ah, sinon... je suis autiste. fr 2017-12-18T20:05:39+01:00 http://presciaspie.journalintime.com/Tout-va-bien Tout va bien La réalisation de ce que je suis vient doucement. En fait, je pense que c'est bon. Il faut dire que j'ai eu tout le temps de m'y préparer et que c'est plus positif qu'autre chose de savoir où je vais. Je vais bien. J'ai eu une journée normale qui s'est déroulée comme je le voulais et c'est ce qu'il y a de mieux. Je suis angoissée, mais c'est la routine. Je profite des journées normales, avant les fêtes. J'aime bien Noel pour mes frères et soeur, et installer et monter leurs cadeaux, mais comme chaque année ce sera très, très éprouvant. Beaucoup de monde et beaucoup de bruit. La réalisation de ce que je suis vient doucement. En fait, je pense que c’est bon. Il faut dire que j’ai eu tout le temps de m’y préparer et que c’est plus positif qu’autre chose de savoir où je vais.
Je vais bien. J’ai eu une journée normale qui s’est déroulée comme je le voulais et c’est ce qu’il y a de mieux. Je suis angoissée, mais c’est la routine.
Je profite des journées normales, avant les fêtes. J’aime bien Noel pour mes frères et soeur, et installer et monter leurs cadeaux, mais comme chaque année ce sera très, très éprouvant. Beaucoup de monde et beaucoup de bruit. Heureusement que maintenant, on ne fait plus nouvel an (en partie a cause des crises incontrôlables que je me tapais à chaque fois, certes) et que je peux rentrer chez moi dès que je ne peux plus supporter. En attendant, je vais faire le plein d’énergie !
Il y avait de la neige aujourd’hui. Il y en a déjà beaucoip je trouve. Tant mieux, ça m’aide.

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2017-12-18T20:05:39+01:00
http://presciaspie.journalintime.com/Anxiete Anxiété Je n'ai pas le moral. Je suis anxieuse. Comme toujours. Le monde pour moi, est plein de danger. Je me rends compte à chaque instant de tout ce qui pourrait m'arriver, ou arriver à ceux que j'aime, ou au monde entier. Tout le temps. À chaque instant. Il faut le vivre pour se rendre compte à quel point c'est fatiguant. Parfois, ces peurs sont si fortes, que j'ai l'impression qu'on m'a déjà diagnostiqué une maladie incurable et que je vais mourir. Alors, je suis un peu déprimée, mais surtout, et peut-être est-ce le plus effrayant, je n'ai pas peur, je suis résignée. Comme si Je n’ai pas le moral. Je suis anxieuse. Comme toujours.
Le monde pour moi, est plein de danger. Je me rends compte à chaque instant de tout ce qui pourrait m’arriver, ou arriver à ceux que j’aime, ou au monde entier. Tout le temps. À chaque instant.
Il faut le vivre pour se rendre compte à quel point c’est fatiguant. Parfois, ces peurs sont si fortes, que j’ai l’impression qu’on m’a déjà diagnostiqué une maladie incurable et que je vais mourir. Alors, je suis un peu déprimée, mais surtout, et peut-être est-ce le plus effrayant, je n’ai pas peur, je suis résignée. Comme si j’étais condamnée et que mon cerveau y était préparé.
J’ai l’habitude. Je sais que ces peurs ne sont pas toujours fondées et que, là où les autres se disent "on va voir ce qui va arriver, d’abord il faut ça, puis ci", moi… disons que si A était la situation normale et Z la fin du monde, et bien, je passe directement de A à Z au lieu d’envisager toutes les étapes intermédiaires.
À quatre ans, j’avais déjà peur. À l’époque, j’avais peur des météorites. J’avais déjà peur de la "fin du monde". Alors… comment espérer que ces angoisses passent un jour ? Je sais bien que c’est mon mode de pensée et que je ne pourrais pas le changer. Au moins, maintenant, j’ai espoir de trouver des solutions pour reussir à vivre avec elles, au lieu de m’arrêter de vivre, puisque malheureusement, je ne guérirais jamais de ces angoisses. J’ai hâte d’en discuter avec le psy. Il m’a dit qu’il pourrait mieux m’aider avec le diagnostic.

En atyendant, je me suis promenée dans la neige ce matin, avant qu’elle ne se transforme en pluie. C’est si bon… je me sens si bien dans la nature. Je me sens toujours optimiste après avoir retrouvé mon chemin. Je me dis que je vais me régaler cette semaine, puisque enfin, ce sera une semaine normale, ou presque. J’adore quand la routine est bien respectée, comme tout Aspie. A propos, je commence à réaliser, et donc, à respirer… je suppose que ça ira mieux demain. Je devrais en profiter pour le dire à des connaissances de forum qui m’ont soutenu depuis le début dans le diag… Tout ces hommages à Johnny Hallyday ont dû me remuer un peu, aussi. Moi, je n’étais pas liée à lui, mais il y a eu tant de tristesse ce week-end que c’etait difficile de ne pas la ressentir. Même pour moi et mon syndrome.

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2017-12-10T21:52:46+01:00
http://presciaspie.journalintime.com/Mes-deux-entites Mes deux entités Ce n'est pas aujourd'hui que je vais intégrer le diagnostic. Lorsque j'y pense, j'ai la sensation que tout est changé autour de moi et que je vis dans une sorte de rêve éveillée, une autre dimension, irréelle mais pourtant bien présente. En même temps, je suppose que c'est normal. Il ne date que de deux jours. Même si j'ai l'impression que cela dure une éternité tant mes pensées sont mélangées. Le mot "autisme" est chargé de tant de représentations... j'ai du mal à me l'approprier, parce que, malgré toutes les recherches que j'ai faite, malgré tout ce que je sais, Ce n’est pas aujourd’hui que je vais intégrer le diagnostic. Lorsque j’y pense, j’ai la sensation que tout est changé autour de moi et que je vis dans une sorte de rêve éveillée, une autre dimension, irréelle mais pourtant bien présente.

En même temps, je suppose que c’est normal. Il ne date que de deux jours. Même si j’ai l’impression que cela dure une éternité tant mes pensées sont mélangées.

Le mot "autisme" est chargé de tant de représentations… j’ai du mal à me l’approprier, parce que, malgré toutes les recherches que j’ai faite, malgré tout ce que je sais, malgré le fait qu’il s’agit d’un "spectre"... et bien, j’ai encore du mal à considérer que mes difficultés, reelles, mais je m’en sors à peu près, sont à ce point fortes, suffisamment pour être de l’autisme. Et je me rends compte, de plus en plus, de tout ce que ça m’a couté jusqu’ici, de juste vivre. Ça fait un peu un coup, même si je suis soulagée de savoir. Pour ma mère, c’est pareil. On est un peu sonnés, et pourtant, je m’y attendais depuis deux ans.

Je ne réalise pas trop, en fait. C’est comme si il y avait deux entités en moi, une, celle que je suis ou que je croyais être, et l’autre, exactement pareille, mais plus mysterieuse, cette jeune fille porteuse d’un syndrome d’Asperger et qui toute sa vie, s’est battu, sans que la première entité ne parvienne à réaliser qu’il suffirait d’accepter pour qu’elles se rejoignent et fusionnent. Je ne réalise pas non plus que, ça y est, il n’y aura plus d’angoisses identitaires. Je sais, maintenant. Je ne suis pas nulle, je ne suis pas bête. Ni paresseuse, ni lamentable. Je suis juste différente. Et ça… cela fait tellement de temps que je me sentais mal à cause de ce que je percevais de moi… que de me dire que j’y suis parvenue, que j’ai reussi à me trouver, je peux à peine y croire.

J’accepterais. Avec du temps…

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2017-12-07T16:17:14+01:00
http://presciaspie.journalintime.com/Ca-y-est-je-le-suis Ça y est, je le suis. J'ai toujours pensé que les journaux ne pourraient me servir que si ils servaient réellement, à soi, et éventuellement aux autres. Je n'ai jamais pu écrire ma vie juste pour écrire ma vie. Il me fallait toujours un point de départ. Un déclencheur. Un but, même si je le découvrais en cours de route. Quand j'étais ado, j'ai écrit un journal pendant un an. Pourquoi un an ? Parce que c'était la période où je venais de quitter définitivement le lycée, que j'etais profondément déprimée et complètement perdue. Quand je l'ai fini, j'ai décidé que c'était le moment, parce qu'on J’ai toujours pensé que les journaux ne pourraient me servir que si ils servaient réellement, à soi, et éventuellement aux autres. Je n’ai jamais pu écrire ma vie juste pour écrire ma vie. Il me fallait toujours un point de départ. Un déclencheur. Un but, même si je le découvrais en cours de route. Quand j’étais ado, j’ai écrit un journal pendant un an. Pourquoi un an ? Parce que c’était la période où je venais de quitter définitivement le lycée, que j’etais profondément déprimée et complètement perdue. Quand je l’ai fini, j’ai décidé que c’était le moment, parce qu’on était un an après que ma vie ait basculée. Ce n’était pas calculé. Mais j’ai senti que je DEVAIS commencer un journal, pour mon bien, pour aller mieux, tenter de comprendre, pourquoi j’etais là et mieux supporter l’echec, l’abandon, et le renoncement au combat. Écrire est infiniment plus simple que parler pour moi, alors ça m’a beaucoup soutenu. Et pour finir, c’était pareil, j’ai senti que je le DEVAIS, pour boucler la boucle, passer à autre chose, puisque j’allais mieux. Et je n’ai plus jamais eu ce besoin impérieux de compléter un cahier que je remplissais pourtant quasiment quotidiennement. Parce que son but avait été atteint.

Cette fois, j’avoue qu’il est particulièrement difficile d’imaginer un élément plus déclencheur que celui-ci. À partir d’aujourd’hui, je dois accepter de vivre avec une nouvelle identité, et faire ma vie avec elle. Alors à nouveau, j’ai senti que je DEVAIS. Et je ne sais pas pour combien de temps.

Ça a commencé depuis ma naissance, depuis que mes parents, les adultes en général, m’ont trouvé différente des autres enfants. Et depuis que moi, du haut de mes 9 ans, je me sentais aussi différente. Et puis, il y a eu des difficultés sociales chaque fois plus fortes. Chaque année, le gouffre entre le monde et moi se creusait. D’abord avec mes camarades, au collège, un peu en primaire aussi, c’est vrai, mais surtout au collège. Rejet, isolement, harcèlement… et puis les cours par correspondance après trois mois de lycée déjà chaotiques et mon journal d’ado. Et puis, avec mes rares amis, aussi. Et puis avec le monde entier, quand je me suis retrouvée totalement seule et que je faisais des crises à chaque fois que je mettais un pied dehors.
Mais c’est surtout depuis ma 3e année de licence. Tout allait bien, je réussissais, je travaillais seule chez moi, et du jour au lendemain, mon mental a craqué. Je me suis tant affaiblie, psychiquement, physiquement, que j’ai arrêté des études brillantes.
J’ai pris une année sabbatique. Je me suis dit que j’etais peut-être juste très fatiguée, mais quand j’ai repris mes études, j’ai tenu encore moins longtemps avant que ça ne recommence. Je n’etais plus capable de rien faire et encore moins de me concentrer, je me sentais glisser vers un échec qui, avec mes idees noires, aurait pu être très lourd de conséquence.

C’est le psy qui m’a dit que j’avais peut-être ça. Je ne pensais pas que c’était possible sans le savoir. Mais après discussion et renseignement, j’ai appris qu’en fait, ce n’était pas rare, que beaucoup de gens reussissent à s’adapter au point que personne ne peut remarquer l’autisme derrière la montagne de déguisement de normalité. C’est ce qu’on appelle "faire le caméléon". Jusqu’au jour où la comédie devient trop lourde à supporter. Et que le masque se fissure. Quand il le fait, ce n’est pas en silence…
J’ai appris que cela arrivait surtout pour les filles, parce que les traits autistiques sont moins marqués ou différents, qu’elles s’adaptent souvent mieux que les garçons. J’ai surtout commencé à comprendre que c’était en effet bien possible. Pour le psy, je devais faire un bilan au Centre Ressource Autisme, ils etaient les meilleurs pour faire un diagnostic…

En tout, il y a eu presque deux ans d’attente. Deux ans de doute. Deux ans à vouloir revoir ma vie sous cet angle, mais sans oser parce que je n’étais pas encore sûre. Deux ans de grands bouleversements mentaux et de jours passés à m’interroger. Un jour, c’etait sur, je l’étais. Le lendemain, non, je ne l’étais pas en fait…

Au CRA, j’ai passé un premier entretien. Puis, comme il était concluant, toute une série de tests. Des tests pour les compétences sociales, des tests pour mon fonctionnement cérébral, des entretiens filmés, des questions sur ma vie. Un test de QI. Des descriptions d’images, des questionnaires. Des échelles pour mes parents, qui devaient répondre a des questions sur les premières années de ma vie…

Honnetement, j’avais peur que ce ne soit pas ça. Pas parce que je voulais être autiste. Qui voudrait ça ? Mais parce que toutes ces démarches sont très fatiguantes, que les faire pour rien était décourageant, et que j’espérais enfin avoir des réponses à toutes ces choses. Je me sentais perdue, je ne savais plus quoi faire, et je ne savais pas comment j’allais faire pour faire ma vie avec autant de limitations, sans réponse.

Et puis hier, voilà. Résultats positifs à tous les tests sans exception. Fonctionnement cérébral typique. Unanimité de l’équipe. Profil classique, tout concorde, aucun doute permis.
Diagnostic : Trouble du Specte Autistique, et plus précisémment, Syndrome d’Asperger.

Je pense donc qu’écrire mes pensées mélangées peut m’aider. À accepter ce diagnostic, à réaliser que je suis… et bien, autiste. À avancer un peu. À soulager un peu cette sensation d’irréalité qui m’étreint. E

Je me suis tellement adaptée pendant des années… 20 bonnes années… que j’ai entraîné mon psychisme et ma santé au bord du gouffre. Actuellement, c’est ainsi que mes interruptuons d’études s’expliquent. À force de devoir s’intéger, mon corps et mon cerveau se sont épuisés.

Je ne sais pas quand je ressentirais que le moment est venu d’arrêter, mais je sais qu’il est venu de commencer. Il est tellement plus simple pour moi d’écrire que de parler… J’ai déjà écrit ma gie, maintenant je l’écris en tant qu’Asperger… j’espère que ça m’aidera.

Ah, oui, je pense le rendre public. Tout ce qui peut faire tomber les préjugés et faire mieux connaître le syndrome… Ne serait-ce pas plus utile encore comme ça ?

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2017-12-06T23:22:20+01:00